Nous sommes en 2000. Internet, né en 1983 et arrivé en France quelques années plus tôt, commence à entrer dans les foyers.
Informaticien depuis longtemps, je suis convaincu d'une chose : la machine doit être au service de l'homme et lui faire gagner du temps. Quand je décide de créer mon propre site, je cherche un moyen autonome — sans dépendre d'un développeur.
Je connais bien les logiciels qui ont fait ma vie professionnelle : Photoshop, Pagemaker, Freehand. En 1996, Macromedia — l'éditeur de Freehand — sort Flash, un outil capable de produire animations et interactivités publiables sur le web. Pas de formation possible : trop chère. Je l'apprends seul, en m'appuyant sur ma pratique de la programmation et ma maîtrise de l'anglais.
L'arrivée de l'ADSL ouvre la porte au haut débit (512 kb/s). Animations, vidéos, jeux deviennent enfin possibles dans un navigateur. Avec ActionScript, le langage de Flash, on accomplit des prouesses techniques. Internet devient un terrain de jeu — et de travail — qui promet un bel avenir.
Mais je suis cavalier, et le temps passé avec mes chevaux se réduit dangereusement. Je prends alors une décision : porter sur Internet ce que la P.A.O. permet sur le bureau. Faire mes sites depuis chez moi, avec les outils Macromedia — bientôt Adobe — que je maîtrise déjà.
C'est ainsi qu'est née la W.A.O. — le Web Assisté par Ordinateur. Spécialiste de l'image, de la photo et de la P.A.O., j'avais l'intuition qu'on pouvait faire la même chose dans Internet, avec Internet.
La première version voit le jour en 2000. Elle n'est pas commercialisée, mais l'un de mes stagiaires la présente à l'IUT informatique de Nîmes pour la soutenance de son projet de fin d'année. Le jury lui décerne ses félicitations, avec une excellente note.
Voilà comment j'ai inventé la W.A.O.